HERPES VIROSE CANINE : UN VACCIN MAINTENANT DISPONIBLE !

L'herpès virose canine est une maladie virale mortelle pour le chiot, due à un herpès virus ADN isolé en 1965. C'est une maladie importante, pour les éleveurs, dont l'incidence est sous-estimée. Des tests effectués montrent que 30 % des élevages possèdent des reproducteurs séropositifs.
1) Caractéristique du virus et transmission : C'est un virus spécifique de l'espèce canine présent dans le monde entier surtout dans les chenils d'élevage. Trois voies de transmission sont prouvées : oro-nasale : surtout pour les chiots au moment de la naissance par contact avec les sécrétions vaginales de la mère. Les expectorats bronchiques sont contaminants chez les adultes, vénérienne : contamination du mâle ou de la femelle lors de saillies; l'herpès virose canine est une maladie sexuellement transmissible, voie transplacentaire : la portée de chiots peut être contaminée à travers le placenta de la mère en cours de gestation.
2) Manifestations cliniques de la maladie : Il faut différencier l'adulte du chiot : chien adulte : les symptômes sont discrets, de courte durée et localisés aux muqueuses chez le mâle et la femelle. On note de petites « vésicules » avec petit ulcère guérissant souvent spontanément en 2 semaines, chez la femelle gestante : le virus de l'herpès peut atteindre l'utérus et provoquer la mort précoce des embryons avec résorption foetale, momification, avortement ou mortinatalité ( chiots morts à la naissance). Ces résorptions foetales, peu visibles, sont souvent assimilées à une infertilité et donc sous-évaluées. On note parfois des métrites (infection de l'utérus) après la mise-bas car le virus favorise le développement de germes dans l'utérus, chez le chiot jusqu'à 3 semaines d'âge : l'herpès virose des chiots est la forme la plus grave de la maladie. Le plus souvent, dans les 4 à 6 jours après la naissance, le chiot ne s'alimente plus, présente des selles molles ou grises avec vomissements quelquefois. Le chiot ne s'intéresse plus à la mère, se plaint sans raison et présente quelquefois des signes nerveux comme des tremblements ou du pédalage. Les chiots atteints meurent en 24 à 45 heures. Dans les portées atteintes, la mortalité atteint souvent 80%, chez le chiot âgé de plus de 3 semaines : les symptômes prédominants sont respiratoires, rhinite, pharyngite, conjonctivite parfois. La guérison est possible mais il faut craindre des surinfections bactériennes.
3) Sources de virus : Les principales sources de virus sont : chiots malades, foetus, enveloppes foetales, adultes atteints de formes muqueuses, sécrétions nasales et génitales des adultes et le sperme, urines, sang, larmes, selles de chiots malades, rappelons que ce virus est très peu résistant dans le milieu extérieur et que la contamination du chiot se fait essentiellement lors de la mise bas par voie oro-nasale. En revanche, les personnes qui manipulent les chiots peuvent véhiculer le virus.
4) Diagnostic : Si les symptômes précédemment décrits surviennent dans un élevage, il faut autopsier les nouveaux nés morts (à faire avec votre vétérinaire traitant). On peut observer : foie, rein, rate décolorés, petite hémorragie (tête d'épingle sur le rein). Mais surtout, la constatation de mortalité chez les chiots de moins de 3 semaines, de mortinatalité ou d'infertilité de chiennes dans un élevage doit faire penser à une herpès virose canine. Le diagnostic peut être complété par une prise de sang mais l'interprétation des résultats est difficile et doit être étudiée au cas par cas dans les élevages avec le vétérinaire.
5) Traitement : Aucun traitement vraiment efficace par un médicament n'est actuellement possible.
6) Prévention : Examiner soigneusement les reproducteurs pour vérifier d'éventuelles lésions génitales. Tester les animaux en sérologie sur une prise de sang avant un accouplement. L'hygiène des locaux d'élevage et des nurseries est importante. Le virus est peu résistant dans le milieu extérieur (10 minutes à 20 ° C) et est très sensible aux désinfectants (ammonium quaternaires, eau de javel, chlorhexidine). Il est aussi important de bien contrôler la température rectale des chiots pour éviter une température trop élevée ou trop basse. Une bonne utilisation de la lampe chauffante doit maintenir cette température corporelle entre 38,5°C et 39°C. La multiplication virale est maximale entre 35°C et 36°C. Rappelons également que l'insémination artificielle protège le mâle mais pas la femelle qui peut être contaminée par le sperme.
7) Vaccination : Le but est de vacciner la mère pour protéger le chiot.
Le premier vaccin contre l'herpès virose canine est maintenant disponible (voir votre vétérinaire). La protection du chiot est maintenant prouvée. Il est protégé dès la naissance par la prise du colostrum (immunité passive). Le vaccin permet : - une réduction complète (à 100 %) de la mortinatalité des chiots due à l'herpès virose. - une amélioration du taux de fécondité des chiennes. - une augmentation du nombre de chiots sevrés. Ce vaccin inactivé peut s'utiliser que la chienne soit saine ou infectée. Son utilisation est simple mais précise :
Première injection : Entre le 1er jour des chaleurs et le 10ième jour après la saillie.
Deuxième injection : Une ou deux semaines avant la mise bas.
Vaccination à refaire à chaque gestation suivant le même protocole vaccinale
Comme toute vaccination, celle de l'herpès virose doit être étudiée et mise en place après une étude de chaque élevage que l'éleveur doit faire avec son vétérinaire.
8) Conclusion : Nous pouvons dire que l'herpès virose bien connue depuis de nombreuses années est longtemps restée sous-estimée. La forme mortelle de l'herpès virose canine n'apparaît que sur les très jeunes chiots alors que la maladie peut être totalement inapparente chez les adultes. Si, aujourd'hui, cette maladie est mieux connue et identifiée dans les élevages, le nouveau vaccin va permettre de réduire les formes mortelles de la maladie chez les chiots, source de découragement pour les éleveurs et de pertes économiques importantes.

Docteur Vétérinaire Yves JOPPIN